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Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Hymne national de Saint-Vincent-et-les-Grenadines  cliquez pour écouter 

Textes de Phyllis Joyce McClean Punnett

Musique de Joel Bertram Miguel

En usage depuis 1967

 

Saint Vincent! Land so beautiful,
With joyful hearts we pledge to thee
Our loyalty and love, and vow
To keep you ever free.

CHORUS
Whate'er the future brings,
Our faith will see us through.
May peace reign from shore to shore,
And God bless and keep us true.


Hairoun! Our fair and blessed Isle,
Your mountains high, so clear and green,
Are home to me, though I may stray,
A haven, calm, serene.

CHORUS

Our little sister islands are
Those gems, the lovely Grenadines,
Upon their seas and golden sands
The sunshine ever beams.

CHORUS

Drapeau : cliquez pour voir le drapeau

Cliquez ici pour voir une carte de la région des Caraïbes et de St-Vincent-et-les-Grenadines.   

Brève présentation historique

Les îles de Saint-Vincent-et-les-Grenadines se situent au sud de l’archipel des Caraïbes. L'histoire de cette nation plurielle est identique à celle des autres îles de la chaîne en maints aspects. Toutes les îles ont, au cours de leur histoire, vu le débarquement des explorateurs et ou colonisateurs européens au moins du quinzième jusqu’au dix-neuvième siècle. Les similarités s’arrêtent là puisque chaque île a connu des tournants socio-historiques et démographiques qui lui sont propres. Sur Saint-Vincent-et-les-Grenadines, par exemple, l’ascendance de l’esclavage de plantation à grande échelle fut repoussée jusqu’à la fin du dix-huitième siècle.

Au moment où les Européens voulurent s’y installer, y vivaient des Ciboneys, des Tainos ou Arawaks, et des Caraïbes. Les missionnaires français qui, dès 1653, entrèrent en contact avec les indigènes, identifièrent la race des Indiens. Labat (1722 : 3) parla de deux peuplades ayant une physionomie identique. « Il est probable que malgré les différences de mœurs, les deux peuples ne formaient qu’une variété de la même race. » Plus tard, les explorateurs français y trouvèrent deux races distinctes. 

La réputation des Caraïbes était telle qu’aucune occupation européenne n’était possible. En 1627, Charles 1er octroya l’île de Saint-Vincent à Lord Carlisle. Cet octroi resta symbolique. Charles II concéda Saint-Vincent, la Dominique et la Barbade à Lord Willoughby en 1672 mais les Britanniques s'installèrent seulement sur la Barbade. D’ailleurs, la plupart des récits décrivent les Caraïbes comme un peuple redoutable qui mangent la chair de leurs ennemis. Il n’est pas rare non plus pour les écrivains de souligner que les Caraïbes avaient l’image de Cannibales.  En effet, Christophe Colomb n’a pas manqué d’insister sur ce point. Hulme (1986 : 41) note qu’il n’y a aucune preuve autre que les hypothèses de Christophe Colomb que ce peuple mangeait la chair humaine. L’entrée du dictionnaire Oxford (OED) pour le terme ‘cannibal’ au seizième siècle fut sans doute influencée par ces hypothèses. (In 16th c. pl. canibales a. Sp. Canibales, originally one of the forms of the ethnic name Carib or Caribes, a fierce nation of the West Indies, who are recorded to have been anthropophagi, and from whom the name was subsequently extended as a descriptive term…). De même, Gargallo, souligne que la description des Caraïbes était non seulement un acte de vengeance mais aussi l’élaboration symbolique et juridique d’un ennemi étrange et redoutable contre qui, selon la loi espagnole, la guerre du sang et le feu ainsi que l’asservissement du prisonnier pourraient être employés. (Notre traduction).

Ainsi, tandis que l'île de Saint-Kitts (St-Bartholemeu) furent occupées par des Européens (Français et Anglais) à partir de 1623, selon Williams (1970 : 81), Saint-Vincent demeura inconnue des colons jusqu’en 1719 quand des planteurs français débarquèrent avec des esclaves africains pour les travaux de la culture.

En 1660, le Gouverneur de Poincy mourant, reçut 15 chefs des Caraïbes qui lui rendirent visite à son chevet pour se plaindre d’être chassés de partout et d’être expropriés de leurs terres. A ce moment-là, de Poincy signa un acte solennel octroyant aux 3000 Caraïbes survivant aux massacres et aux querelles, les îles de la Dominique et de Saint-Vincent à condition qu’ils laissent tranquilles les Français installés sur les autres îles. Ceci marqua le début de l’entente entre les Caraïbes et les Français et en même temps, la montée de l’hostilité envers les Anglais.

Pendant le dix-septième siècle, on disait de Saint-Vincent que c’était une île neutre en ce sens qu’il n’existait pas de règne colonial. L’existence "tranquille" des Caraïbes changea en 1675 quand, au large de Bequia, île des Grenadines de Saint-Vincent, un navire transportant des esclaves africains échoua. (cf. http://www.geocities.com/baerhans_2000/Jesuit_massacre.html,) Ceux qui survécurent à ce naufrage se réfugièrent sur Saint-Vincent. Une nouvelle race résulta de l’union des Africains et des femmes arawak et caraïbes : les Caraïbes Noirs ou Garifunas. Il est fort probable que d'autres Africains qui s'étaient échappés des plantations de l'île voisine, la Barbade, s'y trouvèrent déjà.

Certains historiens veulent qu’il s’ensuive une tension raciale entre les groupes ethniques sur l’île jusqu’à la fin du dix-huitième siècle et que les Français avaient dû intervenir à maintes reprises pour régler les querelles entre les Caraïbes et les Garifunas.

Bien avant 1719, les Français avaient commencé à abuser de leur autorité sur les Caraïbes de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. En 1708 M. Coullet, les fit renoncer à l’alliance qu’ils avaient faite avec les Anglais et à tout commerce avec eux. Quatre ans plus tard, les Anglais décidèrent de prendre pied sur l’île mais ne purent empêcher la population des Français de s’accroître. Il y avait 1000 Français pour 3000 esclaves vers le milieu du 18ème siècle. La population des Garifunas fut estimée à un peu plus de 3000 et celle des Caraïbes à un petit nombre.

En se basant sur le témoignage d’Alexandre Moreau de Jonnès (1840), Hulme conteste ces données démographiques. Hulme postule la dominance idéologique et numérique des Caraïbes sur les Garifunas. D’après Hulme (2000), Alexandre Moreau de Jonnès (1840) aurait recensé 1500 Garifunas et plus de 6000 Caraïbes à la même époque.

Le nombre d’esclaves doubla en 1763, année où le Traité de Paris cédait Saint-Vincent, La Dominique, la Grenade et Tobago à la couronne anglaise. La population des Blancs tripla. Les 20 années qui suivirent furent marquées par maints conflits entre les Français et les Britanniques. Aucune occupation Britannique officielle ne se fit avant 1783, année de la restauration, à la Couronne britannique, des terres qui leur avaient été contestées par les Français.

En 1795, lors de la seconde guerre caraïbe, les Caraïbes avaient l’intention de libérer leurs terres des Anglais. La dernière guerre caraïbe ne fut pas couronnée de succès. Chatoyer, proclamé le premier héros national de Saint-Vincent-et-les-Grenadines en 2002, fut tué. Les Caraïbes, vaincus, furent obligés de se retirer dans les montagnes du nord de l’île, puis de se rendre quelques mois plus tard. En 1796, ils furent évacués à Balliceaux, une île des Grenadines, en attendant d’être transportés  vers le nord de l'archipel caribéen. Ils furent finalement abandonnés à Roatan, près de l'Honduras. Cette déportation devait assurer la tranquillité des colons sur Saint-Vincent et le bon déroulement de l’économie sucrière. Les sources historiques font état d’environ 5000 Garifunas : 5200 d’après Anderson, (1800?) ; 5080 d’après Duncan, (1955 : 25), 4200 d’après Craton (1997 : 131) embarqués pour Balliceaux et 2700 déportés à Roatan le 5 avril 1797. Lors de cette déportation, un riche passé linguistique et culturel fut déraciné. Quelques 400 Caraïbes, "Jaunes" pour la plupart, se retirent au nord de l’île.

La traite des esclaves fut proclamée interdite en 1807. L’année 1834 (un an après l’abolition de l’esclavage) marqua le début de la période d’apprentissage. L’abolition de la traite des esclaves rendit l’obtention de la main d’œuvre ardue. Un nombre croissant d’esclaves achetaient leur liberté ou se sauvaient des plantations. Pour pallier ces difficultés, les planteurs se tournèrent vers de nouvelles sources de main d’œuvre. Des ouvriers, arrivèrent de Madère à partir de 1840. A partir de 1841, plusieurs Africains de la côte kru, actuellement appelé le Libéria, furent embauchés pour travailler sur Saint-Vincent. La plupart d’entre eux étaient libres de rentrer au Libéria une fois leur contrat terminé. Vinrent ensuite se joindre à cette population, des Blancs de la Barbade qui, par la suite, s’installeront principalement à Dorsetshire Hill, où leurs descendants vivent encore. Puis arrivèrent des travailleurs contractuels de l’Inde entre 1856 et 1880.

Saint-Vincent-et-les-Grenadines obtint l’indépendance politique de la Grande Bretagne le 27 octobre 1979 et reste membre du Commonwealth.

Références

ANDERSON, John, Journal of (1800?). In MC DONALD, Roderick Alexander (éd.), Philadelphia : University of Pennsylvania Press, 2001.

CRATON, Michael, Empire, Enslavement and Freedom in the Caribbean. Kingston : Ian Randle ; Oxford : James Currey ; Princeton, NJ : Markus Wiener, 1997.

DUNCAN, Ebenezer. A Brief History of St Vincent with Studies in Citizenship. Kingstown : St Vincent Reliance Printery, 1955.  

GARGALLO, Francesca http://www.ccydel.unam.mx/pensamientoycultura/biblioteca%20virtual/f%20gargallo.

HULME, Peter. Colonial Encounters: Europe and the Native Caribbean, 1492-1797. London: Methuen & New York : Routledge, 1986.

HULME, Peter. “Travel, Ethnography, Transculturation : St. Vincent in the 1790s.” Communication présentée à la conference Contextualizing the Caribbean : New Approaches in an Era of Globalization, University of  Miami Coral Gables. Septembre 29-30, 2000.  

LABAT, Jean-Baptiste. Nouveau Voyage aux Isles de l'Amerique 1693-1705. Paris : Giffart, 1722.  

MOREAU de JONNES, Alexandre. Recherches statistiques sur l’esclavage colonial et les moyens de la supprimer. Paris : Bourgogne & Martinet, 1840.

WILLIAMS, Eric. De Christophe Colomb à Fidel Castro : l’histoire des Caraïbes 1492-1969, Traduction de Maryse Condé. Paris : Présence Africaine avec la collaboration de Richard Philcox, 1ère édition de 1970. Traduction de 1975.            

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